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Geonpis or not Pigeons ?

geompis large-650x240Les geonpis, mouvement de défense des entrepreneurs, a réuni 40 000 personnes en 3 jours. Je pourrai en être, ayant créé des entreprises, embaucher près de 100 personnes et géré des start-up. Après tout, à quoi bon travailler plusieurs années comme un chien, prendre des risques, s’endetter, pour se faire « confisquer » 60% de la valeur qu’on a créé au bout du compte.
Vu comme cela, c’est imparable. Mais c’est là que le bas blesse…on ne peut pas voir les choses comme cela. Pour deux raisons.
Tout d’abord, cette vision des choses sous-entend que l’entrepreneur est celui qui prend tous les risques et qu’il doit être payé en retour. Pourquoi prend-il des risques ? Il a une bonne idée, il doit la tester ou démontrer qu’elle fonctionne. Pour cela, il a besoin de fonds. Et comme il est difficile de trouver des fonds, tant auprès des banques que des fonds d’investissements voire des business angel, il doit collecter du « love money » comme on dit (family and friends) et puiser dans ses économies voire s’endetter ou hypothéquer sa maison. Et pour que son entreprise tienne le plus longtemps possible, il doit éviter de se payer. Et comme il a un statut d’indépendant en tant que patron, il n’aura pas de chômage si cela tourne mal. Bref, il doit faire un saut dans le vide.
Je comprends que ces entrepreneurs qui ont la peur au ventre critiquent le projet de loi. Leur espoir de plus value inversement proportionnel au risque pris. C’est humain. Mais c’est oublier la raison pour laquelle l’écosysteme les met dans cette situation de danger pour entreprendre. Pourquoi sont-ils condamnés à jouer à la roulette russe ? C’est là qu’est le vrai problème.
On confond deux choses. Le travail, celui de l’entrepreneur, d’une part, et d’autre part le financement qui rend l’entreprise possible. Chacun son rôle. Or combien de financiers considèrent qu’un entrepreneur doit être correctement rémunéré ?… en vérité, très peu en France. Il faut que l’entrepreneur soit le plus affamé possible, c’est même un gage de motivation pour les fonds d’investissement. J’ai en même entendu certain VC français dire qu’un entrepreneur qui n’a pas vendu son appart et tout investi dans sa boite n’est pas un vrai entrepreneur. Et puis, sans le salaire du patron, la boite à une meilleure rentabilité, et donc valorisation. Il y a un côté judéo chrétien là-dedans. Il faut souffrir et en échange, Dieu vous récompensera. Enfin, certains le seront, les meilleurs d’entre nous…quel tableau !!! Et on s’étonne d’avoir peu d’entrepreneurs !
En fait, ce sont les fonds d’investissement et les financiers en général qu’il faut dénoncer. Ce sont eux qui ne font pas leur travail, et qui refusent des rémunérations décentes pour ceux qui font fructifier leurs investissements… Entreprendre est un job comme un autre, certes avec des contraintes plus fortes qu’un job normal, mais cela mérite salaire. Vu ainsi, une bonne partie de la fameuse plus-value est en fait un salaire décalé, et ce n’est pas choquant qu’il soit taxé comme tel. C’est ce que de nombreux entrepreneurs oublient. S’ils étaient payés à leur juste prix, leur revendication serait beaucoup moins violente. Une taxe à 60%, cela laisse 40% de super prime, ce qui est pas mal si on a été correctement payé depuis la création. Mais c’est effectivement scandaleux dans le cas contraire.
Les anglo-saxons, beaucoup plus pragmatiques, acceptent l’idée de correctement rémunérer les entrepreneurs, préférant qu’ils se consacrent à 100% à l’entreprise qu’ils dirigent plutôt qu’à perdre du temps à joindre les deux bouts en fin de mois. Et puis, dans ces pays, les systèmes sociaux sont bien moins généreux, en particulier le chômage. Il est impossible de survivre sans revenus, tellement les prestations de santé sont chères.
Ce qui est choquant dans cette situation, c’est que ces mêmes financiers ne s’appliquent pas à eux même cette obligation du saut dans le vide. Ils se payent 5% des fonds qu’ils investissent, quelques soient leurs résultats. Cela montre bien qu’ils reconnaissent la nécessité d’un salaire. C’est d’autant plus scandaleux, que ces mêmes fonds encouragent et mythifient les entrepreneurs. Ils les présentent comme des super héros (il faut voir ces « pitch parties » où ils les congratulent). Ils me font parfois penser à des sergents chef de la première guerre encourageant, depuis des salons feutrés, les jeunes soldats à s’engager pour les envoyer à la boucherie. On parle très peu des entrepreneurs placés dans les situations extrêmes qui ont tout perdu, hélas bien plus qu’une absence de salaire. Or les fonds ont besoin d’entrepreneurs, plus ils sont nombreux, plus il y aura de projets, et surtout de concurrence entre les projets, source essentielle de valeur pour eux (je reviendrai plus tard sur le système des fonds qui échangent beaucoup d’information entre eux et qui profitent mécaniquement de cette situation au détriment des entrepreneurs précisément). C’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui a sonné la révolte des geonpis…et bien qu’il soit probablement le plus « fair » du marché à Paris.
La deuxième grande raison tient à la situation particulière en France dont tous les entrepreneurs profitent et qu’ils semblent oublier. La France est un paradis fiscal pour entreprendre. Les dispositifs JEI et CIR sont gigantesques. L’assurance chômage est une subvention déguisée pour beaucoup d’entrepreneurs. Nos ingénieurs sont top bien formés et peu chers. Il faut donc bien que l’Etat récupère d’une façon ou d’une autre ces avantages. Et la taxe à 60% peut se justifier.
En fait, le mouvement des geonpis se trompe de cible et surtout de combat. Ils participent à cette glorification de l’entrepreneur (quel prestige d’être concerné par les 60% !) qui en retour justifiera encore plus les conditions inhumaines qu’on leur impose lorsqu’ils démarrent. La cible devrait être les financiers qui exploitent leur position de force et l’Etat, certes, mais plus pour son incapacité à baisser ses dépenses qu’à augmenter ses recettes. D’ailleurs, peu d’entrepreneur ne se prononcent sur ce sujet qui est pourtant fondamental, et qui mériterait une grande créativité et de puissantes innovations.
Je reconnais néanmoins que cette argumentation ne traite pas le problème de rentabilité des investissements financiers. Il y a une marge importante entre 30 et 60%. C’est un vrai sujet qui doit être analysé à part. L’un des nœuds du problème est la confusion entre l’entrepreneuriat et le financement. Cette confusion est d’autant plus forte du fait que les capitaux nécessaires au démarrage d’une entreprise viennent de plus en plus de business angel (des entrepreneurs qui sont devenus financiers) et des capitaux risqueurs ex entrepreneurs. Il faut pourtant distinguer les deux, et bien dissocier la part de travail de la part de capital, sachant qu’un entrepreneur a droit à du capital qu’à l’issue de sa cession, et ne devient financier qu’après.
En s’attachant alors analyser ce qu’est le financement, et ce qui constitue la plus-value, on comprendra mieux comment la taxer. J’entends souvent dire que les capitaux risqueurs gagnent peu d’argent compte tenu du fort taux d’échec. C’est assez vrai quand on fait le bilan des entrée – sorties de participations. Mais cette analyse oublie complètement ce qu’il se passe entre l’entrée et la sortie…et il se passe beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui génèrent de l’argent et de la valeur. Prenons par exemple les frais d’avocats, de due diligence, d’expertise, des commissions des banquiers et autres intermédiaires. J’ai été souvent choqué par les montants importants prélevés dans ces opérations. Ils font vivre très généreusement tout un écosysteme à l’abri de toute forme de concurrence. Ensuite, il y a les échanges d’informations dont on parle peu mais qui sont très significatifs. Beaucoup de start-up sont en fait une étude de marché géante et sophistiquée. Ce qui a de la valeur, c’est la compréhension du marché qu’elle crée. Les administrateurs des fonds d’investissement ont un accès direct à cette information. Et ils les utilisent pour favoriser d’autres entreprises dans lesquels ils ont investi avec d’autres véhicules ou carrément en alimentant des grandes entreprises avec lesquelles ils sont en contact. C’est la raison pour laquelle des grands groupes ont pris des tickets dans des fonds (FT chez innovacom en son temps, Publicis/orange plus récemment, etc…). Et pour les grands entrepreneurs français du web, c’est aussi une façon d’avoir pour finalement pas très cher , en partie grâce à des jeunes entrepreneurs travaillant gratuitement (voir mon point plus haut), une information en continue sur les tendances, les marchés qui s’ouvrent, les nouvelles technologies qui apparaissent, un accès à des ressources humaines de qualité, etc… Par conséquent, entre l’entrée et la sortie, il y a beaucoup de valeur créée…et qui échappe totalement à l’impôt. La meilleure preuve est que les fonds de capital-risque existent toujours, bien que peu rentables.
Vu sous cet angle, la question de la taxation de la plus-value sur les parts de jeunes entreprises me parait donc beaucoup plus complexe que le débat ouvert par les pigeons ne le laisse entendre. Tant qu’on entretiendra le flou entre la part de travail et de capital, et qu’on n’assainira pas le rôle des financiers dans l’écosystème, on aura du mal à trouver un équilibre entre tous les facteurs. Je crains même que la révolte ne maintienne encore plus fortement ces déséquilibres en place.

La gamification, une révolution sous-terraine

La gamification est une discipline émergente du marketing.

Elle consiste à décliner des mécaniques de jeu dans un contexte non ludique. Elle permet d’enrichir l’expérience de tâches répétitives en les rendant plus amusantes, et en leur ajoutant du sens. Elle peut jusqu’à changer le comportement des gens.

Les programmes de fidélisation des compagnies aériennes (miles) en est un exemple, et un ancêtre. L’exemple le plus éclatant est Foursquare , suivi de multiples déclinaisons en tout genre dont son friand les agences de publicités (voir en particulier comment la lotterie remplace un radar routier).

Elle s’est développée fortement récemment grâce à internet et aux nouvelles technologies qui rendent possible à moindre coût la possibilité de provoquer et monitorer les interactions  avec le monde qui nous entoure.  Elle emprunte aussi beaucoup à l’univers des jeux video qui ont créé ces trente dernières années des codes et un langage bien reconnaissable par la génération Y : statuts, badges, leaderboard, quêtes, etc.

On peut dater officiellement sa naissance en 2010 lorsque plusieurs conférences on successives marquer les esprits et incarné le concept:

  • Jesse Schell: When games invade real life

 

  • Seth Priebatsch: The game layer on top of the world world

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  • Jane McGonigal: Gaming can make a better

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La gamification a son champion, Gabe Zichermann, américain bien sûr, qui évangélise cette discipline autour du monde grâce à son blog, ses livres et ses conférences. Il a développé une vision très « américaine » du sujet:  le marketing traditionnel  n’était qu’un jeu, tout est « gamifiable », etc. Une vision plus européenne est développée par Sébastien Deterding, allemand, qui nuance l’enthousiasme de Gabe en replaçant  les limites de recettes trop simplistes. Ils ont polémiqué ensemble et de façon transparente, et c’est tout à leur honneur étant donné l’importance de leurs divergences.

Une vision intermédiaire et finalement équilibrée est développée par un Kevin Werbach .

Je suis pour ma part convaincu que cette discipline ira beaucoup plus loin que l’effet de mode dont on l’affuble trop facilement. C’est vrai que la gamification a bénéficié récemment de l’émergence des jeux dans facebook et a donné un écho particulier au phénomène en banalisant les codes des jeux dans l’univers quotidien. Il existe néanmoins des facteurs profonds qui rendront cette approche de plus en plus systématique dans l’économie, tellement son efficacité peut être redoutable lorsqu’elle est correctement utilisée.  J’irai même jusqu’à dire qu’elle inévitable car les codes des jeux se sont glissé partout, qu’ils viennent des jeux video, des réseaux sociaux ou du management à la performance qui a été implanté par toute les entreprises ces derniers années avec des dispositifs de valorisation à la « meilleur employé du mois ».

L’enjeu sera de bien penser ces dispositifs. Ils sont complexes car ils nécessitent une réflexion coordonnées a beaucoup de niveaux : gamedesign, marketing, ergonomie, usabilité, technique, technologique et data.

Pourquoi je n’achèterai jamais de produits Apple

Remarques sur la lecture de la biographie de Steve Jobs de Walter Isaacson.

D’une façon générale, je fais partie des gens qui se méfient des mouvements de foule, quand bien même cela me placerait à contre-courant. C’est le cas avec la marque Apple dont je me sens éloigné, et donc à rebours de beaucoup d’itruc addict.

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Tout d’abord, je ne me sens pas à l’aise avec une société dirigée par un patron qui s’arroge le droit de  garer sa voiture sur la place des handicapés, au prétexte que son génie va bien au-delà de cette petite entorse morale. Cette anecdote est révélatrice d’un état d’esprit particulier quand on sait que Steve Jobs avait une habitude fâcheuse d’humilier ses collaborateurs en public et de s’arroger les idées de ses équipes etc. Vous me répondrez que le comportement moral n’a rien à faire dans le business et le marketing. Steve était un génial inventeur, et comme pour beaucoup d’autres génies avant lui, il faut leur pardonner leur caractère fantasque et égocentrique.

Sauf que dans le cas présent, il y a une correspondance importante entre la morale de Steve Jobs et la marque Apple. J’irai même jusqu’à avancer que la marque Apple est une manipulation incroyable des esprits.

Je m’explique. Apple est bâti autour de l’idée de la perfection, au croisement du design et de la technologie. Pour l’obtenir, Apple, et Jobs, ont adopté une stratégie de maîtrise totale de la chaine de valeur de ses produits, de leurs fabrication, de leurs logiciels et jusqu’à leurs distribution. Et c’est un succès total, « l’expérience produit » est plébiscitée par le marché : simple, fluide, élégant. Les produits Apple distillent l’image d’un monde parfait et maîtrisé. Mais interrogeons- nous sur le prix à payer pour obtenir cette perfection. Il est à mon sens inacceptable. Apple refuse l’ouverture technologique (pas d’open source , pas de possibilité d’intégrer des technologies extérieure à l’écosystème Apple, rejet du flash, etc…), Apple fixe des prix bien au-delà des prix du marché. Apple pratique une marge bien au-delà des moyenne du marché, et ne distribuait pas de dividende jusqu’à il y a peu. Bref, Apple à l’image de l’égocentrisme de son fondateur, s’appuie sur une volonté de dominer le monde. Tout pour Apple et rien pour les autres, y compris s’il le faut, les places de parking de handicapé…En fait, la marque Apple porte en germe une idée totalitaire du monde. C’est vrai, un monde totalitaire est beau de l’extérieur. Tout est en coupe réglé et tout fonctionne…mais est-on prêt à en accepter le prix : la salaires incroyablement bas des ouvriers Foxconn (sans justification économique étant donné la marge dégagée), les humiliations des salariés en interne, l’absence de dividende pour les actionnaires, l’exclusion (et la condamnation du réseau de distribution physique construit patiemment par des sociétés distributrices pendant 30 ans), l’étroite marge laissé aux industries musicales suite à la fixation arbitraire du 0,99c par chanson, etc. Et tout cela pour quoi au final ? Pour qu’une société accumule des profits dont elle ne sait plus quoi faire (cf. le rachat de 10Mds d’action).

Entre temps, c’est vrai, il y a eu l’imac l’iphone, l’ipad, etc…mais n’auraient-ils pas été créés quoiqu’il arrive ? Je suis persuadé que si, certes plus tard, et avec un peu plus de bugs, comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui avec l’apparition des alternatives Samsung et autres plates-formes Android. Est-ce si important d’obtenir ces innovations plus vite, grâce à un intégrateur qu’est Apple, qui grâce à l’intégration verticale et totale à les moyens d’intégrer plus vite. Cette vitesse vaut-elle ce prix ? Est-il socialement responsable de laisser croire qu’il existe un monde parfait, et d’habituer les consommateurs à devenir des petits tyrans sans le savoir ? N’est-ce pas là une ultime manipulation ?

Je reste donc un indéfectible du monde ouvert. Celui d’Android par exemple. Certes ça bug, certes c’est moins fluide, certes c’est un peu plus compliqué à l’usage, mais je sais que derrière ces plates-formes, il y a de nombreux créateurs qui construisent tous ensemble une expérience meilleure. C’est faire confiance au reste du monde pour qu’il s’améliore. Et c’est est pérenne…

Cela a été la stratégie de Microsoft. Et ce n’est pas un hasard si la fondation caritative la plus riche du monde soit celle de Bill Gates. Apple et Steve Jobs semblent bien loin de ces considérations, trop affairés à construire un monde parfait à leur main…ces discours et les valeurs de marque qui vont avec, ont décidément trop de relents historiques qui m’effraient.

Ps : dans le même ordre d’idée, je trouve la comparaison entre Niel et Jobs inappropriée. Free n’est pas un modèle de perfection…mais celui d’une optimisation astucieuse, radicale et ambitieuse, et sans revendications philosophiques.

 

Petite actualité sur le sujet : les principes de management des vendeurs des Apple Store dévoilés...le mot secte est prononcé.

Même les déçus sont de plus en plus nombreux: voir le texte acide d’Ed Conway.

Et pour finir, un clin d’oeil : les gignols de l’info décrivent la sortie de l’iphone 5 (voir le fin de la video)

Integrated marketing + market research = Integrated research

J’ai été en contact avec le service marketing d’un grand distributeur national qui a démarré récemment une grande campagne promotionnelle. Un gros investissement et une mécanique promotionnelle pas tout à fait évidente pour le consommateur…

J’ai été frappé par la façon dont cette opération a été menée. Jusqu’au dernier moment, les services études marketing n’ont pas été prévenus de l’opération. Cela était convenu avec l’agence et le directeur marketing (belle preuve de confiance renvoyée aux équipes internes…). Puis bien sûr, 24h après le lancement, le même directeur marketing demande déjà des résultats : notoriété de l’offre, niveau de compréhension, mémorisation etc… d’autant que ces résultats n’étaient pas à la hauteur des attentes, près d’un tiers des consommateurs n’ont pas compris pas la mécanique en question. Et en amont, plusieurs mois avant, tous les budgets permettant aux magasins de mesurer directement les items de satisfaction grâce à des méthodes simples quanti et quali avaient été coupés. Bref, centralisation et botom down.

Cette anecdote met en avant deux problématiques

  • Les études marketing sont perçues très faussement : les techniques de recueil d’information (questionnaire off ou on line) sont si simples, qu’on a vite oublié tout le nécessaire avant et après ces questionnaires. Et qu’il faut bien plus que 24h pour décliner ces méthodologies.
  • On ne fait pas confiance au terrain.  Il n’a pas été prévenu et n’est pas impliqué dans le suivi de la perception de l’offre promotionnelle, bien qu’au contact quotidien avec la perception de l’offre via les clients.

Je pense que les outils actuels de connaissance client sont maintenant arrivés à un point de maturité technique et méthodologique qu’il est tout à fait possible de les délocaliser en magasin. On y gagnerait énormément : les personnes sont motivées pour le faire (cela change du train train quotidien), cela les motive (ils ont un retour direct), ils s’impliquent plus dans la relation client (le client n’est plus un concept), cela crée de l’innovation (chaque magasin est un lieu où s’invente des réponses aux problématiques soulevées). En d’autres termes, on accouche d’un résultats (le knowledge recherché par l’études marketing) comme dans une approche classique, certes avec un coût supérieur (le coût de déploiement, formation et pilotage du processus sur le terrain), mais elle est directement « intégrée » par le personnel en contact avec le client car immédiatement comprise, ce qui apporte un gain considérable en réactivité, en proximité et en innovation, gains impossibles à obtenir par une approche traditionnelle.

On pourrait nommer cette logique : integrated resarch  (contacaténation de integrated marketing et de market research). Elle s’oppose à la logique consistant à tout centraliser et donner le maximum de valeur aux agences et au sommet des hiérarchies marketing. Elle nécessite d’inclure des compétences de management et de conduite du changement pour le déploiement, compétences absentes des organisations marketing….mais que de bénéfices à la clé ! D’ailleurs, la réussite des distributeurs indépendants (réseau Leclerc, etc…°) tient certainement à cette réalité. En tant que patron de leurs propres magasins, ces entrepreneurs écoutent et sondent leur clients tous les jours et ajustent en permanence tous les leviers marketing qu’ils ont à leur disposition…pas étonnant qu’ils dominent le marché sur l’item « proximité ».