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Notes du Facebook garage France – avril 2012

Les nouveautés opengraph

En introduction, FB a mis en avant les nombreux avantages de l’opengraph actuel

  • Une video vue sur dailymotion via FB génère 3 clics sur Dailymotion
  • Il existe une infinité de façon de mettre en œuvre l’opengraph  via les actions. L’application senscritique.fr est un exemple de la créativité possible : j’ai envie de de, etc. ;

Concrètement les nouveautés  (et/ ou usages innovants):

  • User taging :  « je voyage avec xxx » plutôt que je voyage à l’endroit y. On peu utiliser un ami comme tag d’une action
  • Rechargement de tous les évènements passés avec une application sur la timeline avant qu’elle soit mise en place
  • Map action l : voir nike+, on peut utiliser les lieux et des maps dans les actions
  • Il faut modéliser les objects, les actions, comme un modèle de données traditionnel. Il faut bien penser cela au début car l’expérience montre qu’il est difficile ensuite de faire évoluer le modèle (problème de pertes de données, etc…)
  • Les objects peuvent générer eux-mêmes des actions (à l’extrême, un évènement détécté par une cafetière peur déclencher l’action « j’ai pris un café »).
  • Attention aux erreurs des publications : il faut les surveiller dans les insights
  • Il est possible de se brancher sur un beta opengraph.fb.com ( ?) pour tester ces implémentations
  • Il est possible de traduire le nom de son graph, ainsi que le nom des objets…mais c’est pas simple
  • FB ne restitue pas les actions que l’application à soi même généré. Il faut donc que l’application pense à les historiser de son côté
  • Application citée comme exemple de web app déconnectée du canva mais publiant dans l’opengraph: pose.com

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Shipping et QA

Facebook a expliqué sa façon de gérer ces procesuss

  • pas de testeurs, tous les collaborateurs sont des testeurs car ils sont connectés à une version beta de fb(http://beta.facebook.com/). Ils indiquent le bug temps réel et font des roolbacks en cas de problème
  • Le code réalisé jusqu’au dimanche soir est mis en prod tous les mardi matin et shippé au fil de l’eau en béta. La
  • Utilisation d’une suite logicielle pour gérer le code : http://phabricator.org/
  • Recommandation de connecté les applis sur http://beta.facebook.com/ afin de voir si elle sera prête pour la mise en prod du mardi.
  • Recours à des « dark launches » , c’est-à-dire des lancement de features sans que les utilisateurs les voit. Par exemple, lors du lancement de la timeline, ils l’ont en fait activé pour tout le monde, sans que les users puissent la voir. Cela leur a permis de vérifier tout à ta de chose (charges, bugs, etc…).
  • Etant donné le nombre de serveurs de leur infra (plus de 10 000 serveurs), FB utilise bit torrent pour déployer le 1.5Gb de l’executable de FB, et en moins d’une heure maintenant (contre plusieurs heures via un déploiement en cascade précédemment)
  • Chaque développeur est responsable de son code (grosse pression sur leur qualité…) – j’avais vu dans un précédant garage qu’ils étaient notés sur leur contribution et leur correction de bugs avec un leaderboard général….visible par tous !

Appplis mobile

FB a indiqué ne vouloir aider que les développeurs qui ont une version mobile de leur app et déployer l’opengraph (actions,objects). Cela signifie clairement que l’usage gracieux des ingénieurs de facebook dans le cadre de mise au point est clairement filtré.

Nouveautés :

  • Possibilité de déclencher une notification par l’app mobile sans que l’app mobile n’ait à coder cette notification. Je n’ai pas tout compris, mais il semble que la génération d’une notification passe désormais par un service Facebook appelable facilement par une app (ios ou android) beaucoup plus facilement qu’avant.
  • Beaucoup de démonstrations d’interaction webapp mobile app et webmobil ont été faites pour illustrer le fort niveau d’intégration possible du point de vue de l’interface utilisateur (seamless)

 

Remarques et nouveautés diverses

  • Offilineaccess : la permission sera supprimée bientôt (elle fait trop peur)
  • Le token d’autorisation valable 60j aura désormais une durée de vie repoussée à chaque nouvelle connection du user
  • Attention au shallowlinking : c’est-à-dire la perte du contenu, il faut recourrir au max à du deeplinking (en particulier de l’objet opengraph qui ne dépend a priori pas du tout de la plateforme de laquelle on l’accède – mobile web, mobile app, canvas, web.
  • Toute application peut  accéder à toute l’activité musicale, jeu etc – builtin- (en fait toutes les actions banalisées par FB)…Donc, de ce que j’ai compris, une appli de jeu X peut accéder au scores et achievment d’un jeu Y…Mais le namespace de ces activités n’est pas publique…donc il faut tatonner (typiquement le genre de chose que les ingénieurs doivent donner dans les échanges informels). Mais en revanche
  • Rafraichissement des métadonnées des objects possible via le graphbatchAPI
  • Explication de la viral loop : action dans l’appli, publication d’une action/feed, affichage de l’action / feed (c’est à ce niveau qu’intervient l’algo de FB qui filtre), puis click par le user et retour à l’application. Ils ont attiré l’attention sur les fuites qui existent dans ce loop, en particulier l’autologin qui faut pouvoir correctement gérer pour éviter des apparitions trop intrusives de la fenêtre d’ autorisation de l’application.
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Une belle occasion de réfléchir

Dans le cadre de mon activité professionnelle actuelle, j’organise et j’anime avec le Social Media Club France , la chaire du divertissement numérique. 

Cette initiative est née d’un constat : les contenus de divertissement ont su s’accaparer des évolutions technologiques pour se diffuser toujours plus à tel point que l’on parle aujourd’hui d’une « industrie du divertissement », toujours dominée par les mass médias. Certes les jeux video ont émergé en tant qu’industrie à part mais sans véritablement remettre en cause la puissance des producteurs traditionnels de contenu. Cette fin de décennie apporte un ingrédient nouveau à l’écosystème : les réseaux sociaux. Elle ouvre une nouvelle ère dans la façon dont on consomme et s’approprie les contenus interactifs. Non seulement les contenus devraient-ils être de qualité pour divertir, puis devenir interactifs mais il faut aussi qu’ils deviennent sociaux.

La Chaire du Divertissement Numérique  se propose d’explorer ces questions. Elle ira à la rencontre de ces contenus qui n’ont pas encore de nom et qui se déploient au carrefour du divertissement, de l’interactivité et des réseaux sociaux. Elle tachera de les caractériser sous divers angles : comment les produire ? qui les produit ? quels sont les usages actuels ? quels usages futurs ? quels business models ? quels savoir-faire ? pour quelles audiences ? etc. En fin d’année elle tentera de poser quelques définitions et concepts clés pour aider les professionnels à mieux comprendre l’évolution en cours et à mieux en saisir les opportunités.

La Chaire va se dérouler sur huit mois à compter d’octobre et s’articuler autour d’une table-ronde privée par mois réunissant des représentants de la TV, des médias sociaux, etc. ; et d’une conférence publique trimestrielle, synthèse des tables-rondes.

A l’issue de chaque trimestre, une conférence publique permettra à la chaire de présenter sa réflexion. Trois thèmes ont déjà été dégagés : « Le point de vue des créateurs sur l’évolution sociale des contenus de divertissement », conférence qui se tiendra le 7 décembre à la Cantine (Paris 2ème), puis « Composition et dynamiques des audiences des contenus divertissants, sociaux et interactifs » (mars) et « Enjeux de la dynamique sociale dans les business models » (juin).

Les sujets traités seront pêle mêle : délinéarisation des contenus, réalité augmentée, gamification, audiences des jeux sociaux, business models, etc…

Le compte rendu de cette réflexion est disponible ici.

Media sociaux : c’est tellement génial…

La conférence traitant des media sociaux et organisée par Seesmic, Microsoft et Razorfish est très représentative de toutes ces conférences « donneuses de leçon » aux marques. Les speakers sont brillants, les idées lumineuses…Mais derrière la description idyllique des opportunités que saisiraient les marques en utilisant leurs produits ou leurs services, il n’est pas fait état des difficultés à les mettre en œuvre et surtout à quels impacts se préparer. Cela est parfois agaçant…

Reprenons, l’ère du mass media consistait à bien analyser stratégiquement son marché (le planning stratégique), imaginer un bon message (la création), et utiliser les mass media pour diffuser le message aux bonnes personnes (achat média).  En schématisant à l’extrême cela donne cela :

 

La marque était donc organisée autour de ce processus simple.

Puis est venu l’ère du marketing direct et du ciblage. Le processus n’était pas modifié profondément. Il fallait adapter les messages à une logique plus personnalisée et se poser la question plus finement sur la cible et trouver le media le moins cher. En schématisant à l’extrême encore un fois cela donne cela :

 

Mais aujourd’hui, les marques doivent « rentrer dans les conversations ». Elle ne s’adresse donc plus à un marché avec des cibles, mais à une multitude de marchés, chacun avec des leaders d’opinion différents à cibler. Donc pour chaque marché, il faut dérouler tout le processus : planning stratégique, création, media, auquel on ajoute une couche supplémentaire, l’animation de la conversation.

Jusque là tout va bien sauf qu’aucun speaker ne dit  qu’il faut dupliquer le processus en autant de communautés existantes. L’impact est juste énorme :

  • plus de moyens humains pour gérer chaque communauté, mathématiquement dirais-je (et même si leur coût peut être contrebalancé par le faible coût du média).
  • une nouvelle couche de coordination (en plus de celle déjà existante, notamment entre les pays).
  • une nouvelle étape du processus à staffer en compétence et en moyen : la conversation (les fameux community managers)
  • s’adapter à une nouvelle temporalité : les conversations vont beaucoup plus vite que les lancements de produits…
  • s’interroger sur qui fait quoi entre l’annonceur et la marque dans tout cela

Quels challenges !!! ….mais de cela, il n’en a pas été question.

Avec ce type de panel prestigieux, j’ai le sentiment qu’une marque qui « achèterait » une stratégie de media sociaux serait un peu comme un jeune couple urbain, craquant devant un beau chiot en vitrine, inconscient des conséquences que cela va entrainer dans leur vie quotidienne pour s’en occuper pendant les 15 ans à venir : « Regarde chéri, il est tellement mignon … »