Pourquoi je n’achèterai jamais de produits Apple

Remarques sur la lecture de la biographie de Steve Jobs de Walter Isaacson.

D’une façon générale, je fais partie des gens qui se méfient des mouvements de foule, quand bien même cela me placerait à contre-courant. C’est le cas avec la marque Apple dont je me sens éloigné, et donc à rebours de beaucoup d’itruc addict.

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Tout d’abord, je ne me sens pas à l’aise avec une société dirigée par un patron qui s’arroge le droit de  garer sa voiture sur la place des handicapés, au prétexte que son génie va bien au-delà de cette petite entorse morale. Cette anecdote est révélatrice d’un état d’esprit particulier quand on sait que Steve Jobs avait une habitude fâcheuse d’humilier ses collaborateurs en public et de s’arroger les idées de ses équipes etc. Vous me répondrez que le comportement moral n’a rien à faire dans le business et le marketing. Steve était un génial inventeur, et comme pour beaucoup d’autres génies avant lui, il faut leur pardonner leur caractère fantasque et égocentrique.

Sauf que dans le cas présent, il y a une correspondance importante entre la morale de Steve Jobs et la marque Apple. J’irai même jusqu’à avancer que la marque Apple est une manipulation incroyable des esprits.

Je m’explique. Apple est bâti autour de l’idée de la perfection, au croisement du design et de la technologie. Pour l’obtenir, Apple, et Jobs, ont adopté une stratégie de maîtrise totale de la chaine de valeur de ses produits, de leurs fabrication, de leurs logiciels et jusqu’à leurs distribution. Et c’est un succès total, « l’expérience produit » est plébiscitée par le marché : simple, fluide, élégant. Les produits Apple distillent l’image d’un monde parfait et maîtrisé. Mais interrogeons- nous sur le prix à payer pour obtenir cette perfection. Il est à mon sens inacceptable. Apple refuse l’ouverture technologique (pas d’open source , pas de possibilité d’intégrer des technologies extérieure à l’écosystème Apple, rejet du flash, etc…), Apple fixe des prix bien au-delà des prix du marché. Apple pratique une marge bien au-delà des moyenne du marché, et ne distribuait pas de dividende jusqu’à il y a peu. Bref, Apple à l’image de l’égocentrisme de son fondateur, s’appuie sur une volonté de dominer le monde. Tout pour Apple et rien pour les autres, y compris s’il le faut, les places de parking de handicapé…En fait, la marque Apple porte en germe une idée totalitaire du monde. C’est vrai, un monde totalitaire est beau de l’extérieur. Tout est en coupe réglé et tout fonctionne…mais est-on prêt à en accepter le prix : la salaires incroyablement bas des ouvriers Foxconn (sans justification économique étant donné la marge dégagée), les humiliations des salariés en interne, l’absence de dividende pour les actionnaires, l’exclusion (et la condamnation du réseau de distribution physique construit patiemment par des sociétés distributrices pendant 30 ans), l’étroite marge laissé aux industries musicales suite à la fixation arbitraire du 0,99c par chanson, etc. Et tout cela pour quoi au final ? Pour qu’une société accumule des profits dont elle ne sait plus quoi faire (cf. le rachat de 10Mds d’action).

Entre temps, c’est vrai, il y a eu l’imac l’iphone, l’ipad, etc…mais n’auraient-ils pas été créés quoiqu’il arrive ? Je suis persuadé que si, certes plus tard, et avec un peu plus de bugs, comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui avec l’apparition des alternatives Samsung et autres plates-formes Android. Est-ce si important d’obtenir ces innovations plus vite, grâce à un intégrateur qu’est Apple, qui grâce à l’intégration verticale et totale à les moyens d’intégrer plus vite. Cette vitesse vaut-elle ce prix ? Est-il socialement responsable de laisser croire qu’il existe un monde parfait, et d’habituer les consommateurs à devenir des petits tyrans sans le savoir ? N’est-ce pas là une ultime manipulation ?

Je reste donc un indéfectible du monde ouvert. Celui d’Android par exemple. Certes ça bug, certes c’est moins fluide, certes c’est un peu plus compliqué à l’usage, mais je sais que derrière ces plates-formes, il y a de nombreux créateurs qui construisent tous ensemble une expérience meilleure. C’est faire confiance au reste du monde pour qu’il s’améliore. Et c’est est pérenne…

Cela a été la stratégie de Microsoft. Et ce n’est pas un hasard si la fondation caritative la plus riche du monde soit celle de Bill Gates. Apple et Steve Jobs semblent bien loin de ces considérations, trop affairés à construire un monde parfait à leur main…ces discours et les valeurs de marque qui vont avec, ont décidément trop de relents historiques qui m’effraient.

Ps : dans le même ordre d’idée, je trouve la comparaison entre Niel et Jobs inappropriée. Free n’est pas un modèle de perfection…mais celui d’une optimisation astucieuse, radicale et ambitieuse, et sans revendications philosophiques.

 

Petite actualité sur le sujet : les principes de management des vendeurs des Apple Store dévoilés...le mot secte est prononcé.

Même les déçus sont de plus en plus nombreux: voir le texte acide d’Ed Conway.

Et pour finir, un clin d’oeil : les gignols de l’info décrivent la sortie de l’iphone 5 (voir le fin de la video)

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