Archives de l’auteur : Pierre Santamaria

Méthodologie de gamification

Comme je l’indiquais dans la note précédante, la gamificaiton est un art complexe.

Vous trouverez résumé dans l’image ci-dessous les différents éléments qui doit être revus pour fabriquer une expérience de gamification complète.

Vous verrez qu’il existe de nombreuses dimensions à évaluer. Chaque extrémité de branche est autant de choix qu’il faut faire,  de contenu à produire ou d’interacvtion à programmer. J’ai placé ici en gras celles qui concernent les extensions sociales particulièrement importantes pour réussir une intégration dans les réseaux sociaux.

Cette méthodologie reprend pour partie l’excellente méthode conçue par Marc Albinet qui est l’un des meilleurs game designer français. Je vous recommande la lecture attentive de son livreConcevoir des jeux video.

Méthdologie gamfication sociale

La gamification, une révolution sous-terraine

La gamification est une discipline émergente du marketing.

Elle consiste à décliner des mécaniques de jeu dans un contexte non ludique. Elle permet d’enrichir l’expérience de tâches répétitives en les rendant plus amusantes, et en leur ajoutant du sens. Elle peut jusqu’à changer le comportement des gens.

Les programmes de fidélisation des compagnies aériennes (miles) en est un exemple, et un ancêtre. L’exemple le plus éclatant est Foursquare , suivi de multiples déclinaisons en tout genre dont son friand les agences de publicités (voir en particulier comment la lotterie remplace un radar routier).

Elle s’est développée fortement récemment grâce à internet et aux nouvelles technologies qui rendent possible à moindre coût la possibilité de provoquer et monitorer les interactions  avec le monde qui nous entoure.  Elle emprunte aussi beaucoup à l’univers des jeux video qui ont créé ces trente dernières années des codes et un langage bien reconnaissable par la génération Y : statuts, badges, leaderboard, quêtes, etc.

On peut dater officiellement sa naissance en 2010 lorsque plusieurs conférences on successives marquer les esprits et incarné le concept:

  • Jesse Schell: When games invade real life

 

  • Seth Priebatsch: The game layer on top of the world world

http://[ted%20id=936%20lang=en]

 

  • Jane McGonigal: Gaming can make a better

http://[ted%20id=799%20lang=en]

 

La gamification a son champion, Gabe Zichermann, américain bien sûr, qui évangélise cette discipline autour du monde grâce à son blog, ses livres et ses conférences. Il a développé une vision très « américaine » du sujet:  le marketing traditionnel  n’était qu’un jeu, tout est « gamifiable », etc. Une vision plus européenne est développée par Sébastien Deterding, allemand, qui nuance l’enthousiasme de Gabe en replaçant  les limites de recettes trop simplistes. Ils ont polémiqué ensemble et de façon transparente, et c’est tout à leur honneur étant donné l’importance de leurs divergences.

Une vision intermédiaire et finalement équilibrée est développée par un Kevin Werbach .

Je suis pour ma part convaincu que cette discipline ira beaucoup plus loin que l’effet de mode dont on l’affuble trop facilement. C’est vrai que la gamification a bénéficié récemment de l’émergence des jeux dans facebook et a donné un écho particulier au phénomène en banalisant les codes des jeux dans l’univers quotidien. Il existe néanmoins des facteurs profonds qui rendront cette approche de plus en plus systématique dans l’économie, tellement son efficacité peut être redoutable lorsqu’elle est correctement utilisée.  J’irai même jusqu’à dire qu’elle inévitable car les codes des jeux se sont glissé partout, qu’ils viennent des jeux video, des réseaux sociaux ou du management à la performance qui a été implanté par toute les entreprises ces derniers années avec des dispositifs de valorisation à la « meilleur employé du mois ».

L’enjeu sera de bien penser ces dispositifs. Ils sont complexes car ils nécessitent une réflexion coordonnées a beaucoup de niveaux : gamedesign, marketing, ergonomie, usabilité, technique, technologique et data.

Notes du Facebook garage France – avril 2012

Les nouveautés opengraph

En introduction, FB a mis en avant les nombreux avantages de l’opengraph actuel

  • Une video vue sur dailymotion via FB génère 3 clics sur Dailymotion
  • Il existe une infinité de façon de mettre en œuvre l’opengraph  via les actions. L’application senscritique.fr est un exemple de la créativité possible : j’ai envie de de, etc. ;

Concrètement les nouveautés  (et/ ou usages innovants):

  • User taging :  « je voyage avec xxx » plutôt que je voyage à l’endroit y. On peu utiliser un ami comme tag d’une action
  • Rechargement de tous les évènements passés avec une application sur la timeline avant qu’elle soit mise en place
  • Map action l : voir nike+, on peut utiliser les lieux et des maps dans les actions
  • Il faut modéliser les objects, les actions, comme un modèle de données traditionnel. Il faut bien penser cela au début car l’expérience montre qu’il est difficile ensuite de faire évoluer le modèle (problème de pertes de données, etc…)
  • Les objects peuvent générer eux-mêmes des actions (à l’extrême, un évènement détécté par une cafetière peur déclencher l’action « j’ai pris un café »).
  • Attention aux erreurs des publications : il faut les surveiller dans les insights
  • Il est possible de se brancher sur un beta opengraph.fb.com ( ?) pour tester ces implémentations
  • Il est possible de traduire le nom de son graph, ainsi que le nom des objets…mais c’est pas simple
  • FB ne restitue pas les actions que l’application à soi même généré. Il faut donc que l’application pense à les historiser de son côté
  • Application citée comme exemple de web app déconnectée du canva mais publiant dans l’opengraph: pose.com

IMAG0161

IMAG0162

 

Shipping et QA

Facebook a expliqué sa façon de gérer ces procesuss

  • pas de testeurs, tous les collaborateurs sont des testeurs car ils sont connectés à une version beta de fb(http://beta.facebook.com/). Ils indiquent le bug temps réel et font des roolbacks en cas de problème
  • Le code réalisé jusqu’au dimanche soir est mis en prod tous les mardi matin et shippé au fil de l’eau en béta. La
  • Utilisation d’une suite logicielle pour gérer le code : http://phabricator.org/
  • Recommandation de connecté les applis sur http://beta.facebook.com/ afin de voir si elle sera prête pour la mise en prod du mardi.
  • Recours à des « dark launches » , c’est-à-dire des lancement de features sans que les utilisateurs les voit. Par exemple, lors du lancement de la timeline, ils l’ont en fait activé pour tout le monde, sans que les users puissent la voir. Cela leur a permis de vérifier tout à ta de chose (charges, bugs, etc…).
  • Etant donné le nombre de serveurs de leur infra (plus de 10 000 serveurs), FB utilise bit torrent pour déployer le 1.5Gb de l’executable de FB, et en moins d’une heure maintenant (contre plusieurs heures via un déploiement en cascade précédemment)
  • Chaque développeur est responsable de son code (grosse pression sur leur qualité…) – j’avais vu dans un précédant garage qu’ils étaient notés sur leur contribution et leur correction de bugs avec un leaderboard général….visible par tous !

Appplis mobile

FB a indiqué ne vouloir aider que les développeurs qui ont une version mobile de leur app et déployer l’opengraph (actions,objects). Cela signifie clairement que l’usage gracieux des ingénieurs de facebook dans le cadre de mise au point est clairement filtré.

Nouveautés :

  • Possibilité de déclencher une notification par l’app mobile sans que l’app mobile n’ait à coder cette notification. Je n’ai pas tout compris, mais il semble que la génération d’une notification passe désormais par un service Facebook appelable facilement par une app (ios ou android) beaucoup plus facilement qu’avant.
  • Beaucoup de démonstrations d’interaction webapp mobile app et webmobil ont été faites pour illustrer le fort niveau d’intégration possible du point de vue de l’interface utilisateur (seamless)

 

Remarques et nouveautés diverses

  • Offilineaccess : la permission sera supprimée bientôt (elle fait trop peur)
  • Le token d’autorisation valable 60j aura désormais une durée de vie repoussée à chaque nouvelle connection du user
  • Attention au shallowlinking : c’est-à-dire la perte du contenu, il faut recourrir au max à du deeplinking (en particulier de l’objet opengraph qui ne dépend a priori pas du tout de la plateforme de laquelle on l’accède – mobile web, mobile app, canvas, web.
  • Toute application peut  accéder à toute l’activité musicale, jeu etc – builtin- (en fait toutes les actions banalisées par FB)…Donc, de ce que j’ai compris, une appli de jeu X peut accéder au scores et achievment d’un jeu Y…Mais le namespace de ces activités n’est pas publique…donc il faut tatonner (typiquement le genre de chose que les ingénieurs doivent donner dans les échanges informels). Mais en revanche
  • Rafraichissement des métadonnées des objects possible via le graphbatchAPI
  • Explication de la viral loop : action dans l’appli, publication d’une action/feed, affichage de l’action / feed (c’est à ce niveau qu’intervient l’algo de FB qui filtre), puis click par le user et retour à l’application. Ils ont attiré l’attention sur les fuites qui existent dans ce loop, en particulier l’autologin qui faut pouvoir correctement gérer pour éviter des apparitions trop intrusives de la fenêtre d’ autorisation de l’application.

Pourquoi je n’achèterai jamais de produits Apple

Remarques sur la lecture de la biographie de Steve Jobs de Walter Isaacson.

D’une façon générale, je fais partie des gens qui se méfient des mouvements de foule, quand bien même cela me placerait à contre-courant. C’est le cas avec la marque Apple dont je me sens éloigné, et donc à rebours de beaucoup d’itruc addict.

Wallpaper-homer-simpson-rm-cervello-con-logo-apple-1440x900-586x293

Tout d’abord, je ne me sens pas à l’aise avec une société dirigée par un patron qui s’arroge le droit de  garer sa voiture sur la place des handicapés, au prétexte que son génie va bien au-delà de cette petite entorse morale. Cette anecdote est révélatrice d’un état d’esprit particulier quand on sait que Steve Jobs avait une habitude fâcheuse d’humilier ses collaborateurs en public et de s’arroger les idées de ses équipes etc. Vous me répondrez que le comportement moral n’a rien à faire dans le business et le marketing. Steve était un génial inventeur, et comme pour beaucoup d’autres génies avant lui, il faut leur pardonner leur caractère fantasque et égocentrique.

Sauf que dans le cas présent, il y a une correspondance importante entre la morale de Steve Jobs et la marque Apple. J’irai même jusqu’à avancer que la marque Apple est une manipulation incroyable des esprits.

Je m’explique. Apple est bâti autour de l’idée de la perfection, au croisement du design et de la technologie. Pour l’obtenir, Apple, et Jobs, ont adopté une stratégie de maîtrise totale de la chaine de valeur de ses produits, de leurs fabrication, de leurs logiciels et jusqu’à leurs distribution. Et c’est un succès total, « l’expérience produit » est plébiscitée par le marché : simple, fluide, élégant. Les produits Apple distillent l’image d’un monde parfait et maîtrisé. Mais interrogeons- nous sur le prix à payer pour obtenir cette perfection. Il est à mon sens inacceptable. Apple refuse l’ouverture technologique (pas d’open source , pas de possibilité d’intégrer des technologies extérieure à l’écosystème Apple, rejet du flash, etc…), Apple fixe des prix bien au-delà des prix du marché. Apple pratique une marge bien au-delà des moyenne du marché, et ne distribuait pas de dividende jusqu’à il y a peu. Bref, Apple à l’image de l’égocentrisme de son fondateur, s’appuie sur une volonté de dominer le monde. Tout pour Apple et rien pour les autres, y compris s’il le faut, les places de parking de handicapé…En fait, la marque Apple porte en germe une idée totalitaire du monde. C’est vrai, un monde totalitaire est beau de l’extérieur. Tout est en coupe réglé et tout fonctionne…mais est-on prêt à en accepter le prix : la salaires incroyablement bas des ouvriers Foxconn (sans justification économique étant donné la marge dégagée), les humiliations des salariés en interne, l’absence de dividende pour les actionnaires, l’exclusion (et la condamnation du réseau de distribution physique construit patiemment par des sociétés distributrices pendant 30 ans), l’étroite marge laissé aux industries musicales suite à la fixation arbitraire du 0,99c par chanson, etc. Et tout cela pour quoi au final ? Pour qu’une société accumule des profits dont elle ne sait plus quoi faire (cf. le rachat de 10Mds d’action).

Entre temps, c’est vrai, il y a eu l’imac l’iphone, l’ipad, etc…mais n’auraient-ils pas été créés quoiqu’il arrive ? Je suis persuadé que si, certes plus tard, et avec un peu plus de bugs, comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui avec l’apparition des alternatives Samsung et autres plates-formes Android. Est-ce si important d’obtenir ces innovations plus vite, grâce à un intégrateur qu’est Apple, qui grâce à l’intégration verticale et totale à les moyens d’intégrer plus vite. Cette vitesse vaut-elle ce prix ? Est-il socialement responsable de laisser croire qu’il existe un monde parfait, et d’habituer les consommateurs à devenir des petits tyrans sans le savoir ? N’est-ce pas là une ultime manipulation ?

Je reste donc un indéfectible du monde ouvert. Celui d’Android par exemple. Certes ça bug, certes c’est moins fluide, certes c’est un peu plus compliqué à l’usage, mais je sais que derrière ces plates-formes, il y a de nombreux créateurs qui construisent tous ensemble une expérience meilleure. C’est faire confiance au reste du monde pour qu’il s’améliore. Et c’est est pérenne…

Cela a été la stratégie de Microsoft. Et ce n’est pas un hasard si la fondation caritative la plus riche du monde soit celle de Bill Gates. Apple et Steve Jobs semblent bien loin de ces considérations, trop affairés à construire un monde parfait à leur main…ces discours et les valeurs de marque qui vont avec, ont décidément trop de relents historiques qui m’effraient.

Ps : dans le même ordre d’idée, je trouve la comparaison entre Niel et Jobs inappropriée. Free n’est pas un modèle de perfection…mais celui d’une optimisation astucieuse, radicale et ambitieuse, et sans revendications philosophiques.

 

Petite actualité sur le sujet : les principes de management des vendeurs des Apple Store dévoilés...le mot secte est prononcé.

Même les déçus sont de plus en plus nombreux: voir le texte acide d’Ed Conway.

Et pour finir, un clin d’oeil : les gignols de l’info décrivent la sortie de l’iphone 5 (voir le fin de la video)