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Les punchlines de l’Adtech Summit 2019

Adtech summit
  • « On veut reprendre le contrôle de nos données. »
    « Attention les tests c’est comme la drogue, il faut pas en abuser car c’est cher à faire »prévient Aurélie Stock Poeuf, Directrice digitale Bouygues Telecom.
  • « La qualité [des inventaires] paye et a toujours payé. On achète quasiment tous nos inventaires IDTrust » dit Philipe Boutron, head of media France PSA
  • « Malgré ID trust, les annonceurs n’achètent pas plus cher, donc la qualité ne paye pas tant que cela. Et le postview n’est pas valorisé du tout.  » constate Jeremy Parola, directeur des activités numériques, Reworld.
  • « On a encore du mal a calculer l‘efficacité du premium sur l’upper funnel » confirme Jean Baptiste Rouet , Chief digital & programmatic Office Publicis.
  • « On aurait besoin d’un tiers de confiance pour pouvoir mesurer l’incrémental apporté par le premium » indique Michele Benzeno de Webedia.
  • « On constate 40% de moins de monétisation sur les audience Firefox et Safari du fait des contraintes de tracking third et first party » dit Tom Kershow, CTO Rubicon, confirmé plus tard par Gael Demessant directeur Programamtic de Prisma.
  • « L’objectif de google est désormais : To do more with less data » Mark Howe , MD emea Agencies Google.
  • « Le contextual pourrait en partie se substituer à la disparition du tracking third party cookie…Mais l’impact ne sera quand même pas le même. » dit Gael Demessant dir Programmatic de Prisma.
  • « On est favorable à plusieurs solution d’ID matching sur le marché ». dit Yann Blat Thetradedesk.
  • « 20% des plaintes envoyées à la CNIL concernent le marketing digital » dit Marie Laure Denis , présidente de la CNIL qui encherit :  » les sujets de management de consentement et de données personnelles doivent être mieux compris par les comex« .
  • « On se demande si la CNIL se rend bien compte de la chute importante de revenus possible avec toutes ces nouvelles réglementations », insiste Denis Olivennes en tant que président d’IAB France.
  • « Il faut trouver les solutions et donner du temps aux publishers, et faire aussi beaucoup d’études, mais il faut trouver des acteurs qui les fassent » rétorque Marie Laure Denis.
  • « Il faut que les CMO passent d’un story telling au story making. Walk the talk comme disent les américains ». indique Thomassa VP chez Forrester.
  • Estimation du marché de la TV adressée – CA incrémental: entre 120 et 200 M€ selon le CSA (Nathalie Sonnac), entre 130 et 400M€ selon l’AFMM précise Christian Bombrun son président, sachant qu’Orange table sur une estimation entre 200 et 300M€. Cela semble beaucoup ajoute Romain Job, CSO de Smart« si l’on compare au 3% de la pub adressée aux US sur les 70Mds$ du marché ».
  •  » 50% des marques demandent toujours un baisse du prix des achats média dans les pitchs, et n’ont aucun KPI business, c’est un grand paradoxe par rapport à leur demande d’avoir plus d’intelligence de la part des agences » se plaint Pierre Calmard CEO d’iProspect, qui ajoute que « La marge d’une agence media en France est désormais de 0, la pire en Europe. »
  • « Pourquoi la création n’est pas bien rémunérée, car c’est risqué, 1 campagne sur 10 en moyenne peut faire un carton pour une marque. Les acheteurs ne veulent pas payer pour les autres » se risque Guillaume de Roquemaurel, CEO d‘Artefact.
  • A propos du retail media qui n’est pas encore maîtrisé par les agences, « je fais seulement 5% de notre CA avec elles » témoigne Alexis Marcombe, DG de Carrefour Media .

Profitez de L’été Numérique de Thierry Jadot

Thierry Jadot l'été numériqueCe livre est très agréable à lire, à l’image de son auteur, très agréable à entendre – j’ai eu la chance de l’écouter lors de la présentation de son livre qu’il a donnée dans une grande école de commerce parisienne.

Ecrire au sujet du « digital » aujourd’hui est difficile, tellement ce sujet est vaste et polymorphe. Cela peut même devenir très prétentieux surtout s’il on annonce d’entrée pouvoir « traiter des huit révolutions digitales qui vont transformer l’entreprise ». Pourtant Thierry Jadot y réussit efficacement…et simplement.

L’auteur n’a pas cherché à théoriser le sujet afin de trouver une ligne directrice à ces 8 révolutions. Il a préféré aborder 8 problématiques fortes en les juxtaposant, et en les déconstruisant avec des exemples très concrets. Au final, le livre se lit comme une conversation, agréable, fluide, sans polémique, sans critique agressive, et sans menaces ultimes. Cela change de bien d’autres livres du même genre. Ces 8 problématiques ont l’avantage de couvrir une très grande partie des impacts du digital et suffit donc à un dirigeant pour se mettre en chasse de ceux qui le concerne. En outre, ces impacts sont décrits en tant que tendance de fond, à la limite de la sociologie et aux ramifications multiples, de sorte qu’ils concernent tous les industries.

L’auteur aborde ainsi :

  • la naissance de la confiance sur Internet comme une conséquence consubstantielle à son mode de fonctionnement
  • la relation individualisme-communautarisme
  • la prise de pouvoir du consommateur citoyen sur les institutions (et les marques)
  • les transformations profondes du processus d’achat du fait de l’irruption systématique du virtuel
  • l’apport du big data dans la personnalisation et l’enrichissement des services – en se focalisant sur les aspects bénéfiques et créateurs de valeurs (laissant à d’autres le soin de polémiquer, mais sans pour autant tomber dans l’admiration béate)
  • la modification profonde du concept même de contenu pour les média traditionnels • l’accélération du temps et l’impossibilité de penser stratégie avec un « S » majuscule

J’ai retenu particulièrement deux idées fortes:

  • Une vision rarement aussi bien étayée de la notion de communauté virtuelle et de son impact sur les comportements, résumée par cet inter titre « l’hyperciblage réconcilie individualisme et communautarisme ».
  • Un excellent décryptage de ce qu’est devenu la notion de contenu, son obligation à le repenser à l’aune de la Marque qui le porte, et par voie de conséquence à imaginer de nouvelles sources de monétisation. On sent dans ces lignes le professionnel des média (Thierry est patron d’Aegis France, une des plus grosses agences média françaises), et l’on a plaisir à bénéficier de l’acuité de sa vision sans payer les honoraires qu’il ne doit pas manquer de facturer à ses clients. Pour 18€, ne nous privons pas !

Une belle occasion de réfléchir

Dans le cadre de mon activité professionnelle actuelle, j’organise et j’anime avec le Social Media Club France , la chaire du divertissement numérique. 

Cette initiative est née d’un constat : les contenus de divertissement ont su s’accaparer des évolutions technologiques pour se diffuser toujours plus à tel point que l’on parle aujourd’hui d’une « industrie du divertissement », toujours dominée par les mass médias. Certes les jeux video ont émergé en tant qu’industrie à part mais sans véritablement remettre en cause la puissance des producteurs traditionnels de contenu. Cette fin de décennie apporte un ingrédient nouveau à l’écosystème : les réseaux sociaux. Elle ouvre une nouvelle ère dans la façon dont on consomme et s’approprie les contenus interactifs. Non seulement les contenus devraient-ils être de qualité pour divertir, puis devenir interactifs mais il faut aussi qu’ils deviennent sociaux.

La Chaire du Divertissement Numérique  se propose d’explorer ces questions. Elle ira à la rencontre de ces contenus qui n’ont pas encore de nom et qui se déploient au carrefour du divertissement, de l’interactivité et des réseaux sociaux. Elle tachera de les caractériser sous divers angles : comment les produire ? qui les produit ? quels sont les usages actuels ? quels usages futurs ? quels business models ? quels savoir-faire ? pour quelles audiences ? etc. En fin d’année elle tentera de poser quelques définitions et concepts clés pour aider les professionnels à mieux comprendre l’évolution en cours et à mieux en saisir les opportunités.

La Chaire va se dérouler sur huit mois à compter d’octobre et s’articuler autour d’une table-ronde privée par mois réunissant des représentants de la TV, des médias sociaux, etc. ; et d’une conférence publique trimestrielle, synthèse des tables-rondes.

A l’issue de chaque trimestre, une conférence publique permettra à la chaire de présenter sa réflexion. Trois thèmes ont déjà été dégagés : « Le point de vue des créateurs sur l’évolution sociale des contenus de divertissement », conférence qui se tiendra le 7 décembre à la Cantine (Paris 2ème), puis « Composition et dynamiques des audiences des contenus divertissants, sociaux et interactifs » (mars) et « Enjeux de la dynamique sociale dans les business models » (juin).

Les sujets traités seront pêle mêle : délinéarisation des contenus, réalité augmentée, gamification, audiences des jeux sociaux, business models, etc…

Le compte rendu de cette réflexion est disponible ici.